Défis,  Sportifs

Courir cinq kilomètres… ouin pis!?

Un jour, mon mari me dit : « Viens courir avec moi! Si j’ai été capable, tu l’es aussi ». En fait, il venait de courir son premier demi-marathon, après à peine quelques mois d’entraînement et surtout 40 livres en moins. Il me lança le défi de lui prouver que j’étais en bonne forme physique. Je venais d’accoucher de notre deuxième fille quelques semaines auparavant. Malgré ma fatigue, j’ai accepté. Je ne me doutais pas qu’un petit cinq kilomètres allait devenir tout un défi.

 

Courir pour la première fois

Depuis quelques années, mon mari s’entraîne pour faire des demi-marathons. Il a couru pour la toute première fois le 8 octobre 2016. Il se souvient encore de la date exacte. Surprenant! Il faut dire que la course à pied a changé sa vie… et sa santé. Avec 40 livres en trop, il s’est inscrit à son premier demi-marathon sans avoir couru une seule fois auparavant. Il a couru durant tout l’hiver. Huit mois plus tard, alors que j’étais à la maison avec notre bébé de quelques semaines et notre fillette de trois ans, il s’est rendu seul à Ottawa atteindre son objectif… courir un demi-marathon.

C’est à son retour, heureux et excité d’avoir réussi son demi-marathon, qu’il m’a lancé le défi de le suivre. Pas pour 21 km, mais pour cinq kilomètres. Fiou! J’ai enfilé une de ses paires de souliers de course, trop grande, mais adaptée aux conditions extérieures. Je me rappelle qu’il pleuvait. C’était grisâtre et je n’avais aucune envie de sortir de la maison. Je me suis tout de même lancée.

Ayant longtemps joué au tennis, mon cœur était habitué à gérer des ‘stop-and-go’. Je n’ai jamais eu d’endurance pour courir une longue distance. À l’école, j’avais de la difficulté à finir un tour de piste en course à pied. Il faut croire que ça n’avait pas changé. Après à peine 500 mètres, une crampe m’a empêchée de continuer à courir. Mon mari insistait pour que je continue. Alors, un pied devant l’autre, j’ai finalement terminé mon cinq kilomètres complètement épuisée.

Pour lui, j’avais réussi, puisque j’avais complété mon premier cinq kilomètres. Alors que pour moi, j’étais découragée de constater que cinq kilomètres n’était pas aussi facile que je le pensais.

 

Qui a dit course officielle?

L’année suivante, j’ai assisté au deuxième demi-marathon de mon mari, en le suivant durant son parcours, à la marche bien sûr! L’énergie qui se dégageait sur le site était impressionnante avec les milliers de personnes enjouées et s’étant déplacées pour venir encourager leurs proches. J’étais tellement excitée. Je criais, je tapais des mains, mais surtout je regardais partout pour être certaine de ne pas le manquer lorsqu’il passerait devant moi. Tout ce que je voulais c’était qu’il me voit en train de l’encourager… à un tel point que j’en avais les yeux secs pour être certaine de ne pas le manquer juste en clignant des yeux.

Quelques semaines ont suivi, puis un matin, sans prévenir, mon mari me dit : « je viens de faire mon inscription pour le demi-marathon l’an prochain et… j’ai aussi fait ton inscription pour le cinq kilomètres dans le groupe de 28 à 30 minutes ». Vous auriez dû voir l’expression sur mon visage. Des gros points d’interrogation dans les yeux, parce que je n’avais jamais réussi à courir cinq kilomètres sans m’arrêter et encore moins en 30 minutes. J’avais tenté de courir durant l’année qui venait de passer avec un charriot… et un bébé dedans. C’était comme de courir avec un boulet accroché à la cheville ou nager contre-courant. J’avais bien plus l’impression de faire de la marche rapide que de courir.

Je n’avais jamais dépassé deux ou trois kilomètres et ma vitesse de course tournait autour de sept minutes par kilomètre. Ayant un peu l’esprit compétitif à mes heures, je lui dis : « ok, et, je vais le faire en 30 minutes ». Je n’avais aucun plan de match et surtout aucune idée comment j’allais pouvoir réussir à le faire dans les temps. La bonne nouvelle, c’est que j’avais encore quelques mois pour me préparer.

 

Mes entraînements

Courir sur un tapis roulant dans un gymL’hiver approchait et la température ne me motivait plus pour courir dehors. Je me suis donc abonné dans un centre sportif pour courir sur un tapis roulant au moins une fois par semaine. J’ai informé mes collègues que j’irais régulièrement courir sur l’heure du dîner et j’ai bloqué du temps dans mon calendrier professionnel pour qu’ils le voient. Sans le savoir au départ, mes collègues ont été une source de motivation à mon entraînement. Lorsque l’heure du dîner approchait, souvent ils me demandaient : « Est-ce que tu vas courir ce midi? » Je m’étais fait prendre à mon propre jeu et ça m’obligeait à répondre : « oui » et à y aller, même si je n’en avais aucune envie. Finalement, durant tout l’hiver, j’ai réussi à courir au gym deux fois par semaine.

Dès l’arrivée du printemps, j’ai recommencé à courir à l’extérieur. Et là, ayoye! Ce n’est pas aussi facile de courir dans la rue que sur un tapis roulant qui roule tout seul. Mon objectif était de me rendre à cinq kilomètres, peu importe le temps de ma course. J’ai remarqué que durant mes courses, j’avais toujours le même ‘pattern’. Au premier kilomètre, tout allait bien. C’est au second que je manquais de souffle. Une fois rendue au troisième kilomètre, une crampe était immanquable. Et à ce moment-là de me dire : « ça y est, c’est terminé pour aujourd’hui ».

Lors d’une de mes courses qui avait commencé comme toutes les autres, avec une crampe au troisième kilomètre, j’ai décidé de ralentir, mais sans m’arrêter. Ma crampe est disparue, yé! Puis elle est revenue en force au quatrième kilomètre. Ah non! Je pensais avoir atteint ma limite, mais contre toute attente, j’ai eu un regain d’énergie imprévu qui m’a permis d’accélérer pour les derniers 500 mètres. J’ai terminé mon cinq kilomètres en 30 minutes. Alors que j’allais abandonner après mon troisième kilomètre, en ajustant mon rythme, j’ai continué et atteint mon objectif.

Puisqu’il me restait deux mois pour améliorer mon temps, j’ai décidé de modifier mon objectif à 28 minutes pour être à la tête du groupe dans lequel j’étais inscrite.

 

Le verre est à moitié vide ou à moitié plein?

Toutes les situations que j’ai rencontrées durant mes courses m’ont permises de me préparer à différentes conditions. Ces situations, ces défis, m’ont surtout fait réaliser qu’il y a toujours deux côtés à une médaille. En ne voyant que le revers de la médaille, il est plus facile d’abandonner.

Que ce soit les vents de 50 km/h que je n’avais pas prévu et qui me ralentissaient et m’épuisaient ou le mal de gorge qui m’a pris un matin, nombreuses étaient les situations qui auraient pu me convaincre de ne pas aller courir. En adoptant une nouvelle stratégie à chaque fois, comme d’accélérer lorsque j’avais les vents dans le dos, j’ai réussi à atteindre mon objectif.

J’ai aussi vécu des déceptions qui auraient pu me faire abandonner. Par exemple, lorsque je m’étais fixé l’objectif de toujours courir cinq kilomètres au minimum et que je n’ai pas réussi à terminer ce cinq kilomètres. J’ai vécu un échec. Un petit échec tu me diras, mais il ne s’agit pas de classifier l’importance de l’échec puisque ça dépend de la personne qui le vit. Pour moi, j’avais échoué et j’ai dû me ressaisir en me rappelant que mes échecs font partie de mes succès.

La vie est bien faite pour ça, puisque quelques jours plus tard, j’ai couru 10 km, en plein soleil, sans l’avoir prévu. Je l’ai fait en une heure sans m’arrêter. Ce matin-là, j’avais décidé de suivre mon mari qui s’entraînait pour son demi-marathon. Mon seul objectif était de ne pas le perdre de vue même s’il avait une longueur d’avance. Cette expérience m’a fait réaliser que parfois, il faut accepter les défis lorsqu’ils se présentent, puisque c’est souvent dans ces moments que nous atteignons de nouveaux sommets.

 

Le jour «J»

Courir 5 km en 27 minutes, réussiLe jour de ma course, nous avions décidé d’amener notre plus grande avec nous. Et, évidemment, elle n’avait pas passé sa meilleure nuit. Inconvénient de côté, la température était parfaite, juste un peu grise et pas trop de soleil. À la tête de mon groupe à la ligne de départ, j’étais prête à tout donner pour réussir mon cinq kilomètres en 28 minutes.

Ce que je n’avais pas prévu, ce sont les personnes moins rapides sur mon chemin que je devais constamment dépasser. De gauche à droite puis de droite à gauche, sans arrêt. Impossible de suivre une belle ligne. Ma course ressemblait plutôt à un zigzag de fermeture éclair.

Alors que ma montre me disait que j’avais terminé mon cinq kilomètres, je ne voyais même pas la ligne d’arrivée. À cause des zigzags surement… Épuisée, j’ai donné mon 110 % pour terminer la course en 27 minutes. Yé!

Très heureuse et satisfaite de mon résultat, maintenant, il ne me reste qu’à fixer mon prochain objectif!

 

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Auteure : Andréanne Leduc, CPA, CA

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