Développement de carrière

Saisir les opportunités en temps de crise

En temps de crise, nous avons le choix : accepter de naviguer dans l’incertitude ou ramer à contre-courant pour tenter de reprendre le contrôle.

Andréanne Leduc, CPA, CA

Lorsqu’on prend quelques minutes pour y réfléchir, les crises sont d’excellentes opportunités pour notre développement personnel et professionnel. Mais comment les organisations peuvent-elles aussi saisir ces opportunités?

  • Cet article a été initialement publié dans le cadre du numéro d’automne 2020 du magazine Careering du CERIC sur « Les super pouvoirs de carrière ». Le présent texte a été légèrement modifié.

 

Sortir de sa zone de confort

Qu’il s’agisse d’une crise financière, sanitaire ou toute autre situation pouvant mettre en péril la survie d’une organisation, ce type de situation exige, à la majorité des gens impliqués, à sortir de leur zone de confort. Pour réussir à passer la crise, la créativité et l’innovation seront les clés du succès.

Les organisations ont beau avoir mis en place des plans de gestion de crise pour être prêtes à rebondir, mais les employés qui seront impliqués ne sont généralement pas conscients de l’importance du changement qu’ils auront à gérer, le moment venu.

Sans s’en rendre compte, les personnes ayant toujours eu les mêmes responsabilités, les mêmes fonctions ou le même rôle dans une ou plusieurs organisations, sont soudainement impliquées dans un nouveau processus lié à la crise, qu’ils n’ont généralement pas rencontré auparavant.

Un changement d’emploi ou d’employeur exige bien souvent une réflexion préalable sur nos responsabilités, notre rôle, nos intérêts et nos aspirations. Une crise ne nous donne pas le temps d’y réfléchir et bouleverse tout, d’un seul coup.

À ce moment, notre réussite à sortir gagnant d’une telle situation débutera par un premier choix essentiel : accepter de naviguer dans l’incertitude sans appréhension ou ramer à contre-courant pour retrouver notre vie, notre rôle et nos responsabilités d’avant?

En ces temps particulièrement difficiles, il faut se rattacher à ce que nous contrôlons : notre attitude et nos actions.

 

S’adapter pour se transformer

Relativement à la gestion de crise, la chaire de relations publiques et communications de l’UQAM propose une approche en quatre temps :

  • La prévention est la première étape de la gestion de crise et consiste essentiellement en une vigie des potentiels de risques.
  • La préparation est la seconde étape. C’est à ce moment qu’on forme la cellule de crise et qu’on conçoit le guide de gestion de crise.
  • La réaction est la troisième étape et est délimitée par l’entrée en crise et la sortie de celle-ci.
  • L’adaptation est la quatrième étape et celle qui doit retenir le plus notre attention, car il s’agit d’un point culminant où l’organisation peut saisir les opportunités présentées par la crise afin de se transformer.

Accepter une nouvelle situation et s’adapter rapidement à celle-ci ne sont pas des comportements innés à l’être humain qui préfère rester dans un milieu connu, qu’il perçoit comme étant plus sécuritaire.

En temps de crise, cette capacité d’adaptation peut faire toute la différence. Afin de pouvoir se concentrer sur l’avenir, il importe que toutes les actions permettent de faciliter l’acceptation de ce changement.

 

La communication et la collaboration comme facteurs clés de succès

Au sein d’une organisation, il est possible d’augmenter la résilience des personnes en leur permettant de s’exprimer. La démonstration d’ouverture, c’est-à-dire d’être à l’écoute des préoccupations de ses employés, de ses équipes, de ses collaborateurs, de ses clients et de ses partenaires, peut aider à la survie d’une organisation. Cependant, la direction doit également s’assurer de répondre aux principales inquiétudes évoquées. Sans quoi, il est risqué d’ouvrir ce dialogue à sens unique.

Pour maintenir le cap et réussir à passer la crise, la meilleure stratégie à utiliser demeure la communication. À tous les niveaux, la communication est essentielle à la survie des organisations. Elle permet de réduire les appréhensions des gens et favorise leur engagement. Pour les employés, ce peut être de les rassurer quant au risque de perdre leur emploi, de les informer sur les changements potentiels au niveau de leur rôle et responsabilité. En fait, il est important d’adresser tout élément potentiel de stress lié à l’incertitude d’une situation ou d’un événement. Lorsque l’employeur arrive à capter rapidement ces préoccupations, il a le pouvoir de les transformer en opportunités. Ces actions permettront de favoriser l’engagement des gens.

Cependant, la responsabilité de capter toutes ces informations ne revient pas exclusivement qu’à l’employeur. De son côté, l’employé, voyant son organisation mettre en place un plan de gestion de crise, doit aussi démontrer qu’il est disponible pour prêter main-forte. Il peut le faire en tenant compte de ses intérêts, de ses motivations et de ses aspirations. Pour passer à travers une crise, ce peut être le moment idéal de mettre en commun les forces de chacun. Tout être humain a le besoin de sentir qu’il est utile.

En temps de crise, l’employeur qui arrivera à utiliser les talents de chacun sortira, à coup sûr, plus mobilisant.

 

De plus, il ne faut pas s’arrêter à l’établissement de telles stratégies uniquement à l’interne de l’organisation. Un bon nombre d’opportunités se trouveront à l’externe de celle-ci. Elles se dévoileront lorsque les personnes prendront le temps d’échanger avec leurs partenaires, leurs collaborateurs et même leurs concurrents. En temps de crise, l’union des forces de chacun et la mise en commun de stratégies avec toutes les parties prenantes sont bien souvent les seules issues pour survivre.

Plusieurs moyens existent pour passer une crise avec succès. Les exemples précédents sont tous d’excellents moyens de favoriser l’acceptation du changement par toutes les parties prenantes internes et externes. L’organisation qui réussira sera celle qui aura gérer ce changement en osant sortir de sa zone de confort.

 

Vers de nouveaux horizons

Malgré que les responsables de la gestion de crise n’aient pas le contrôle sur tous les éléments internes et externes à leur organisation, ils doivent se rappeler qu’ils contrôlent leur façon d’agir et de réagir face à la situation. Ce qui aura un impact direct sur l’environnement interne et externe de l’organisation.

Un bon exemple est celui des organisations qui produisaient de l’alcool avant la pandémie sanitaire de 2020. Elles ont rapidement capté que la demande pour des produits antiseptiques était plus grande que l’offre disponible. Ces organisations ont vu une opportunité de développer un nouveau marché. En adaptant leurs processus, elles ont réussi à produire et à vendre de nouveaux produits. Un autre exemple est celui des entreprises manufacturières de textile qui se sont adaptées pour produire des masques. De nombreux exemples comme ceux-ci existent. Pour plusieurs organisations, ces changements de cap ont demandé beaucoup d’agilité ainsi qu’une grande capacité d’adaptation. Elles ont toutes un point en commun. Ces organisations ont décidé de miser sur une bonne communication avec toutes les parties prenantes internes et externes.

En période de crise, toutes nos habitudes et nos standards sont mis à l’épreuve. Dès qu’on accepte le changement et qu’on est conscient qu’il y a des opportunités qui se créent, de nouveaux horizons s’ouvrent. Les organisations qui sauront capter ces occasions d’apprentissage et de développement personnel, professionnel et organisationnel en sortiront les grandes gagnantes.

Et vous, comment réagissez-vous en temps de crise?

 

À bientôt!

Andréanne


Auteure : Andréanne Leduc, CPA, CA

Engagée à promouvoir des opportunités de développement personnel et professionnel


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